Jeff Joseph

Écrit par Mise en page Harry Lundi, 28 Novembre 2011 09:12


Il avait fait de la musique sa vie, le chanteur d'origine dominicaine Jeff Joseph est mort hier mercredi 23 novembre dans l'après-midi. C'est en Martinique, qu'il s'est éteint au CHU de Fort-de-France, à l'âge de 58 ans des suites d'un accident vasculaire cérébral.

Le musicien bon vivant était très reconnu par la communauté antillaise de métropole, ainsi qu'évidemment par l'ensemble du bassin caribéen, lui qui a mélangé le calypso, le funk, le reggae durant ses quarante ans de carrière.

Créole emblématique, Jeff Joseph a d'abord fondé le groupe dominicain Grammacks avant de créer le groupe guadeloupéen Volt Face, avec ses amis de toujours, Katryn Thélamon, Dominique Panol ou encore Dominique Coco.

Un grand monsieur qui s'en va, laissant la musique orpheline de son talent
Il est né à la Dominique, dans un village du nom de Saint-Joseph. Et du plus loin qu’il s’en souvienne il a toujours aimé bouger, danser et surtout chanter. Sa maman Sylma se souvient : « Jeff est l’ainé de mes cinq enfants. Je l’ai toujours entendu chantonner, toujours, quelque soit son humeur du moment. Il reprenait des chansons que diffusait la radio ou en inventait quelques-unes ».

La musique ? Jeff dit qu’elle l’habite depuis l’enfance. C’est sa manière de dire ses émotions, et de les partager. Une façon aussi d’enjoliver la vie, la sienne comme celle des autres… C’est ainsi qu’à l’âge de douze ans, il commence ses premières prestations publiques en s’inscrivant dans une compétition de carnaval qu’il remportera l’année suivante, avec une bande d’amis qui l’accompagnait au steel-band.

Une étoile du calypso est née, mais maman Sylma veille et tient à ce que les études soient menées à terme avant toute escapade musicale. C’est chose faite en 1972 ou avec quelques potes musiciens de son école Grammacks School et ceux de l’Academy School. Jeff fonde le groupe « Grammacks » qui sillonne la Dominique de bout en bout, de bals populaires en fêtes communes. Comme ses illustres ainés en variétés, les Ophélia et Gordon Henderson, Jeff fera mentir le proverbe qui dit qu’on n’est jamais maître chez soi.

La Dominique ne rate aucun de ses rendez-vous, pour danser et chalouper à satiété. Mais l’envie de voir d’autres horizons, d’autres publics, de se confronter à d’autres cultures, de s’ouvrir d’autres marchés pousse le groupe à se rendre dans l’ile voisine, la Guadeloupe. La rencontre en studio avec Henri Debs sera déterminante et bénéfique pour les Grammacks. Dès leur première collaboration, ils signent ensemble « Soucougnan », un titre qui devient très vite un tube rythmé par un calypso torride sur un texte qui image une vieille superstition locale… Jeff Joseph devient, avec un sillon, le roi du KGV, soit dit Kalypso à Grande Vitesse.

S’enchaînent une cascade de succès, de hits, des prestations aux quatre coins de la Caraïbe et de le France, avec un morceau mémorable comme « pa dansé an ba koko sek ». Puis, au sein de 3A, l’écurie de Jacky Nayaradou (en Martinique), Jeff compose ce qui deviendra ses titres-phares. Il impose sa griffe, celle s’un style harmonique qui n’appartient qu’à lui, un son « Karibean Rock » hyper remuant, avec un groove saturé. C’est une alliance de cadence et de calypso, la cadence lypso qui lui permettra de séduire et de conquérir les publics les plus hétéroclites.

Parmi ses compositions qui n’ont pas pris une ride mélodique citons : Misik dou it, Mi déba, Ou pas bon, Côchema, Pawol en bouch…

Dès les premières notes, ses cousins des Antilles, de la Caraïbe, des USA (New-York et Miami), de Hollande, de France (avec un tour de France en première partie d’Annie Cordy et des concerts sous l’égide de France Inter) succombent sous la fièvre de ses tempos. Son répertoire s’enrichit de bouyon, de reggae, de merengue, de soca entres autres.

Sur scène, ce qui fascine, c’est la prodigieuse énergie de Jeff, leader charismatique, interprète fougueux. Tout au long d’un concert, Jeff reste en contact permanent avec son public qu’il électrise à sa guise. Il ne s’économise jamais, se donne sans compter, passant sans répit d’un bout à l’autre des plateaux avec un certain bonheur communicatif. Des trophées SACEM et autres distinctions honorables (dont la médaille de la Fête de l’Indépendance de la Dominique…) viendront couronner son talent...

Mais un jour de l’année 1985, fatigués de parcourir le monde, les musiciens décident de rentrer au bercail ou de s’installer aux Etats-Unis, et de fonder une famille. Pour Jeff, l’aventure musicale ne pouvant s’achever, c’est l’aventure en solo… A New York ou il réside, Jeff rencontre le groupe « Kool of the gang » avec lequel il sort en 1988, un sillon de deux sonorités « world music », « Banana sweet » et « One, two, three », dont le clip tourné en Angleterre est l’un des plus soignés réalisés par un artiste de la Caraibe.

Et puis, arrive "Volte-Face" avec Georges Decimus (bassiste et faiseur de tubes aux disques d’or pour Kassav), avec le lutin Dominique Panol avec la « zoukeuse-light » Katryn Thélamon et la voix ka-roots de Dominique Coco. Pendant cinq ans, Volte-Face, groupe éclectique et électrique parcourt le globe, semant aux quatre vents, sa rythmique caribéenne nourrie de zouk (chiré, lové…) de bouyon, de cadence-lypso, de funk, de gwo-ka.

Volte-face désormais éteint, il nous reste en souvenir, 5 albums et 1 album live qui relatent leurs prestations entre frissons, passions et émois.

La collaboration essentielle de Jeff Joseph au sein de « Volte-Face », notamment sur les plateaux, incite le public à lui réclamer un retour des Grammacks. Ils sont nombreux à vouloir se replonger dans un bain de nostalgie, dans un tourbillon de liesse, d’allégresse avec Jeff en meneur de jeu. En 1997, Jeff obtempère. Et avec de jeunes musiciens férus de son répertoire, il crée « Grammacks New Generation ».

La formation est l’invitée régulière du Festival Kreol de la Dominique et de temps à autre se rend au Festival de jazz de Sainte-Lucie et de Saint-Martin. Qu’en est-il aujourd’hui de Jeff Joseph et de sa cadence-lypso ? Deux albums avec « Grammacks New Generation » et un opus en solo fraîchement sorti témoignent de son éternelle vivacité...

Le chanteur a gardé sa verve, son sens du rythme, son allant, son punch et sa capacité phénoménale à soulever les foules. Pour Jeff Joseph, la musique est un plaisir, le public un ami fidèle avec lequel il aime à partager et échanger.

 

 

La Martinique

Écrit par Harry Jeudi, 17 Novembre 2011 12:20

 

 

 

 

 

 

Christophe Colomb

découvre la Martinique le 15 juin 1502, au cours de son quatrième voyage vers les « Indes ». Des versions contradictoires donnent la paternité du nom à Christophe Colomb, qui au cours de son deuxième voyage en 1493, aurait baptisé ainsi l'île de la Martinique, apercue « de loin ». Ce baptême serait lié à la date de cette vision, le 11 Novembre 1493, la fête de Saint-Martin. Martinica, ou Martinina (Petite Martine), serait le diminutif donnée à cette île où il ne débarquera finalement que près de 9 ans plus tard.

C'est en 1635, que Pierre Belain d'Esnambuc y installe la première colonie (Saint-Pierre), pour le compte de la couronne de France et de la Compagnie des Iles de l'Amérique.

Entre le quatrième voyage de Colomb et la prise de possession par les Français, la Martinique ne reste cependant pas sans contact avec les Européens. Si les Espagnols délaissent ces îles qu'ils jugent trop petites et infestées d'Indiens dangereux, les Hollandais, Français et Anglais y font souvent relâche pour faire aiguade, s'approvisionner en vivres et commercer avec les Amérindiens. L'ouvrage de Jean-Pierre Moreau Les petites Antilles de Christophe Colomb à Richelieu fait un point intéressant de cette activité européenne non coloniale pendant tout le XVIe siècle.

 

Durant les premières décennies de l'occupation française, l'île est productrice de denrées coloniales fournissant de forts profits : tabac (petun), rocou, indigo, cacao, le tabac de la Martinique est alors très apprécié. La crise du tabac de la seconde moitié du XVIIe siècle ruine les premiers planteurs qui se tournent vers la production de sucre. La mono-culture de la canne à sucre va bientôt modeler le paysage et devenir partie intégrante de la culture créole. Elle dominera l'économie du pays jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle.

La culture de la canne à sucre telle qu'elle est pratiquée dans l'Habitation sucrière demande une importante main-d'œuvre que la métropole n'est pas susceptible de fournir. Si la culture du tabac ou de l'indigo avait pu se faire avec les "engagés", seule la traite d'esclaves noirs provenant des côtes de l'Afrique est susceptible de fournir les effectifs nécessaires à la culture de la canne à sucre.

Les engagés venaient sous contrat avec un planteur pour une durée de trois ans (d'où leur surnom de 36 mois). Le planteur couvrait les frais du voyage et exigeait ensuite de l'engagé un travail semblable à celui de la main d'œuvre servile. Mais à la différence de l'esclave, si il réussissait à survivre aux terribles conditions de vie et de travail, il recouvrait sa liberté au bout des trois années et se voyait allouer une terre pour devenir à son tour planteur.

La culture de la canne est donc à l'origine de la mise en place du commerce triangulaire (Europe, Afrique, Amérique) qui entraîne rapidement l'afflux d'une population africaine servile vers les possessions françaises de l'Amérique, population qui dès la fin du XVIIe siècle dépasse rapidement et de beaucoup la population blanche des origines.

Les amérindiens, dont on peut supposer que la densité de population était relativement faible, sont petit à petit repoussés vers la côte atlantique avant d'être finalement chassés dans les années 1670. Cependant, une frange de cette population "caraïbe" demeure sur place dans un fort état d'acculturation se fondant petit à petit dans le reste de la population.

Dans les premières années du XVIIIe siècle, le Père Labat, religieux dominicain ayant vécu plusieurs années dans l'île, décrira encore la carbet du chef indien Larose, caraïbe christianisé vivant aux alentours du bourg du Robert.

Les premiers établissement français en Martinique sont le Fort Saint-Pierre (actuelle ville de Saint-Pierre), fondée par d'Esnambuc, et la ville du Fort-Royal (actuelle Fort-de-France) fondée par les Gouverneurs De Baas et Blenac.

Le commerce du sucre entraîne une intense activité maritime commerciale dans l'île. Si certains navires "circuiteux" passent en Afrique charger une cargaison d'esclaves avant de venir l'échanger en Martinique contre des denrées coloniales, des navires encore plus nombreux font le voyage en "droiture" entre les ports du royaume de France et la colonie.

Les profits de la vente d'une cargaison d'esclaves sont tels qu'il faut le plus souvent plusieurs voyages en droiture pour acheminer la contre-valeur en denrées coloniales des esclaves vendus.

Le manque chronique d'espèces métalliques dans les îles se fait ressentir pendant toute la période coloniale, et la plupart des échanges se font sur le mode du troc.

Cette navigation commerciale suscite bien entendu la convoitise des autres grandes nations européennes, essentiellement les Hollandais et les Anglais. Un état de guerre permanent va caractériser l'époque coloniale, et la course et la piraterie maintiendront le danger dans les périodes de paix civile.

Les Hollandais rapidement évincés dès la seconde moitié du XVIIe siècle, la lutte se concentre entre Français et Anglais (et puis, après 1707, Britanniques). Toutes les grandes conflagrations européennes ont leur composante caraïbe. C'est le cas de la guerre de sept ans qui vaudra à la France de perdre de nombreuses possessions au profit de la Grande-Bretagne. La Martinique passera par deux fois sous possession britannique pour d'assez courtes périodes. Elle restera définitivement française après 1816.

L'île connait un important développement au cours du XVIIIe siècle et regagne en importance après la perte de Saint-Domingue. La ville de Saint-Pierre est une des plus fameuses des Antilles et le restera jusqu'au 8 mai 1902 quand l'éruption de la Montagne Pelée entraînera la destruction totale de la ville par une nuée ardente. Fort-de-France devient alors le chef-lieu de la Martinique.

En 1763, Joséphine de Beauharnais, future femme de Napoléon Bonaparte, naît aux Trois-Ilets.

En France, en 1788, veille de la révolution française, Brissot crée la Société des amis des Noirs; mais, malgré les efforts de ses membres éminents comme l'abbé Grégoire ou Condorcet, il ne peut obtenir l'abolition de l'esclavage auprès de la Constituante.

Ce n'est que le 4 février 1794 que la Convention, abolit l'esclavage. Cette abolition ne sera pas appliquée dans toutes les possessions françaises d'alors, loin s'en faut.

La Martinique ne la connaîtra pas contrairement à la Guadeloupe car le groupe de colons mené par Dubucq va être occupé par les Britanniques.

Par ailleurs, cette abolition certe dictée par un humanisme hérité des Lumières, avait aussi comme objet de rallier les esclaves révoltés de Saint-Domingue, face à la double menace royaliste et d'invasion britannique.

Napoléon rétablira l'eclavage (loi du 30 floréal an X, soit le 20 mai 1802), cédant aux supplications des colons blancs qui prétendaient ne plus pouvoir assurer leur survie et celle de leur plantation en ayant recours à une main d'œuvre non servile.

Les mariages mixtes redevinrent interdits par la même occasion.

Ce n'est que le 27 avril 1848 que Victor Schoelcher alors Sous-secrétaire d'État à la Marine et aux Colonies appose sa signature au bas du décret mettant officiellement fin à l'esclavage. Avant même que la nouvelle n'arrive, les esclaves se sont révoltés; ils ont obtenu l'abolition de fait le 23 mai 1848.

Pour faire face à la pénurie de Main d'oeuvre, la France imitant le Royaume-Uni et les Pays-Bas décide d'avoir recours à l'immigration Indienne de 1853 à 1870. Les immigrés indiens sont des travailleurs recrutés initialement pour 5 ans et devant repartir dans leur pays d'origine à ce terme. La grande majorité d'entre eux resteront en Martinique et contribueront à sa richesse intellectuelle et culturelle.

En 1887, l'écrivain Lafcadio Hearn et le peintre Paul Gauguin séjournent sur l'île.

Le 8 mai 1902, une terrible éruption de la montagne Pelée tue tous les habitants de Saint-Pierre (sauf un prisonnier du nom Louis Auguste Sylbaris, dit Cyparis, sauvé par l'épaisseur des murs de son cachot) et de ses environs (30 000 morts), malgré les avertissements de certains scientifiques. Le 30 août suivant, alors qu'un géologue s'était déplacé de Paris et avait prévenu du danger de nouvelle éruption, une nuée ardente tua encore 1300 personnes au Morne Rouge.

Le 25 juin 1913, Aimé Césaire naît à Basse-Pointe.

Le 20 juillet 1925, Frantz Fanon naît à Fort-de-France.

Le 19 mars 1946, la Martinique devient un département d'outre-mer.

1974, la Martinique devient une région.

1983, la Martinique devient une région à part entière avec la création du conseil régional.

8 novembre 1996 décret instituant l'AOC Rhum Agricole Martinique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Miss Martinique dans la course pour Miss Monde 2011

Écrit par /mise en page Doumé Dimanche, 06 Novembre 2011 16:01

 

 

 

 

 

 

La finale de Miss Monde se tiendra à Londres ce dimanche 6 novembre à 18 heures,

 

Lire la suite : Miss Martinique dans la course pour Miss Monde 2011

   

Page 1 sur 47