Écrit par mise en page Doumé Jeudi, 02 Septembre 2010 13:07

« ... Cayenne en ce début de millénaire ressemblait à toutes mes envies... ».
... Flic quelconque, uniforme bleu-pâle-bleu-foncé, Jean-Baptiste Simonin dont la voix s’essouffle sur les chemins chaotiques de la ville, est en rupture de ban, comme détaché de tout. Sa double vie part à la vau-l’eau, son supérieur le méprise et ses collègues l’indiffèrent. Seule la litanie d’un poète toxico chante avec lyrisme l’idéal qui manque à son existence.
Un long silence de carnaval raconte avec fulgurance l’ordinaire d’une vie inapaisée.
L'auteur
Miguel Duplan est né en 1963 à La Martinique, où il vit aujourd’hui après avoir passé vingt-cinq ans en Guyane française. Il travaille dans le monde enseignant. Il est l’auteur de L’Acier (Prix Carbet de la Caraïbe 2007, L’Harmattan) et Le Discours profane (Éditions des Équateurs, 2008).
« Déjà, il gémit sans arrêt dans son uniforme bleu-pâle-bleu-foncé et seul le rouge du sang se savoure abondamment dans le capharnaüm des urgences. D’ailleurs, on ne sent que ça, ce rouge sanguinolent qui s’accroche aux parois de sa chemisette et qui s’enfonce dans son corps rectiligne ; une rivière sans nom détalant au moindre mouvement, qui s’engouffre encore tout partout dans les plastiques ramollis du brancard jaune et qui pousse même le vice à s’étaler par terre, au pied des bottes cirées de la maréchaussée stupéfaite, elle aussi confuse, clinquante dans ses disproportions ordonnées, gueulant des ordres qui n’en finissent pas, hébétée encore, s’accrochant à lui pour qu’il arrête de puer la merde morbide comme c’est le cas maintenant, et elle pleurniche encore la maréchaussée un peu comme la femme de Jean-Baptiste Simonin laquelle regarde son mari mourir de sa belle mort de cinéma et qui, elle en est sûre, doit le remplir de contentement. Voilà, c’est dit. »
La critique
« Dans sa description de Jean-Baptiste Simonin, flic martiniquais émigré en Guyane et sale type pathétique, qui traite aussi mal ses collègues et ses concitoyens que ses femmes, Miguel Duplan, l'auteur de ce court et fiévreux roman, réussit à nous faire sentir le potentiel de poésie et de drôlerie de l'indigne et du minable ; il fait aussi un magnifique portrait du Cayenne des années 2000. » Natalie Levisalles,Libération
« Une écriture très singulière pour un roman atypique à découvrir. » Max Buvry, Librairie Vaux Livres
Collection Made in Europe / 12 euros / Isbn : 978-2-915018-52-3 / 96 pages